Hell,
Mon livre préféré ...un bijou auquel je me lasserai jamais
Un peu noir, triste, certain l'aime d'autre non mais il ne laisse personne indifférent..
Au début du roman, on sourit de cette jeunesse dorée qui dépense des salaires mensuels en soirée, ne jure que par Gucci, Prada ou Vuitton, s'étourdit tous les soirs dans des restaurants de luxe, tape les lignes de coke comme on boirait de l'eau minérale... C'est le quotidien de Hell qui méprise royalement ceux qui ne font pas partie de son monde. Hell est Jeune, Belle, Riche ET lucide. Lucide et désabusée. Elle se détruit un peu plus jour après jour pour oublier qu'elle existe. jusqu'au jour ou elle rencontre son double au masculin: Andrea. Avec lui, elle connait la passion, dévorante... Pourtant un soir, tout bascule...
Quand on repose le livre, on a une sensation de malaise... et les larmes aux yeux...
Premier roman de L.Pille écrit à 17 ans dans un style à la fois fluide, lucide et cynique, il lui promet un bel avenir littéraire. Un des rares livres qui m'ait fait pleurer..
mes passages fétiches..
"Je ne sais meme pas pourquoi je viens souffrir ici.
Ce bordel institutionnel qui met l'amour en pieces.
Ici, on n'est rien pour personne.
Je ne suis rien pour lui.
Je vais aux toilettes finir la coke."
"Le bonheur, on en peut que passer a coté,
Si tu m'avais aimée... ça ne pouvait pas suffire.
Et ta debauche ne leurre qu'un instant ton desespoir caché.
C'est un de ces maux qu'on ne peut pas guerir...
Ce n'est pas ta faute."
"[Le] deuil que j'avais décidé de faire de cette histoire, car mieux vaut être indifférente et digne que malheureuse et pathétique. "
"..A fait partie de ces hommes foutus, accros aux paradis artificiels et au péché véniel, amoureux de toutes celles qu'ils n'ont pas encore eues, et qui finiront seuls.
Tout ce temps, tous ces visages, tous ces cris de jouissance, ces étreintes sans âme au petit matin, quand la nuit n'est plus, le jour n'est pas encore, ton orgasme prend fin, et tes yeux se dessillent, ta chambre n'est qu'un bordel ; Baudelaire est mort et, dans tes bras, il n'y a qu'une putain...
." [...] ses yeux vidés par les excès se plongent dans les miens et j'essaie d'y retrouver mes larmes, je ne vois rien.
[...] c'est bien notre histoire avortée, de rires oubliés, de sentiments non dits, le regret de sentir que tout est fini, et qu'on n'y peut plus rien. "
."Et toutes ces nuits à tes côtés, ton lit auquel j'étais habituée au point de pouvoir y rêver, comme dans le mien.
Et Sinatra, Pavarotti, Léo Férré, Paris Dernière, et Baudelaire...
Maintenant je sais que tu en lis aux autres, et c'est pour ça que c'est fini.
Je l'ai tellement dit, mais cette fois-ci, c'est pour de bon, tu as choisi.
Tu as préféré ta vie de con, le bonheur nous aurait ennuyés. On crèvera chacun de notre côté."
"J'ai du mal à respirer.
Je n'ai envie de rien, je ne sais pas quoi faire, je ne veux pas dormir, je ne veux pas rester éveillée. Je n'ai pas faim. Je ne veux pas être seule, je ne veux voir personne. J'ai l'impression d'être en sursis. Je suis juste complètement défoncée."
"J'aime ce soleil sur ma peau, l'odeur de propre de mes cheveux, cette ambiance nonchalante et joyeuse. Je suis vorace de vivre, les épreuves courbent mais n'abattent pas. La vie continue."
"On vit...comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et encore... Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à la réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustrés pour l'éternité, soir on y parvient, et on se rend compte qu'on s'en fout. Et puis on crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rend compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège. Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et puis qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'à ce que le sang gicle...
On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l'accident, on prend trop de coke, on frôle l'overdose. Ça fait peur aux parents, des gènes de banquiers, de PDG, d'hommes d'affaires, qui dégénèrent à ce point là, c'est quand même incroyable. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui ne disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du moi. Et on les déteste, parce qu'ils donnent tant et si peu. Tant pour qu'on puisse se foutre en l'air, et si peu de ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites s'estompent. On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du c½ur, on va en boîte plus qu'on ne va en cours, on a plus de maisons qu'on a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre répertoire qu'on n'appelle jamais. On est la jeunesse dorée. Et on n'a pas le droit de s'en plaindre, parce qu'il paraît qu'on a tout pour être heureux. Et on crève, dans nos appartements trop grands, des moulures à la place du ciel, repus, bourrés de coke et d'antidépresseurs, et le sourire aux lèvres."
"Joue contre joue, yeux dans les yeux, main dans la main... ce qu'on est con quand on aime ! Ce qu'on est niaiseux, mielleux, fleur bleue, inactif, improductif, égoïste, aveugle et sourd ! Je promène ma tête d'autiste heureuse dans les rues de Paris, sans me préoccuper le moins du monde d'effrayer ou non mon entourage qui n'existe plus, ou les passants que je ne vois même pas.".."